Les 10 albums à emmener cet été…

Une fois n’est pas coutume, Xav et Vince vous proposent un post commun, réunissant les albums à mettre dans votre baladeur pour passer un été serein – et partir sans craindre d’avoir raté une nouveauté essentielle. Ces 10 albums sont sortis en 2008, et accompagneront votre été, à la plage, à la montagne, à la campagne ou à la ville.

Et oui, l’année touche à son milieu, et avant de partir écouler des congés payés sous des pâturages plus verts (ou plus ensablés), il est temps de voir ce qu’a donné la moisson musicale 2008 jusqu’ici.

Voici donc les 10 albums que nous avons aimé depuis janvier, classés en trois sélections : celle de Vince, celle de Xav, et une sélection commune. Les disparités ne veulent pas dire qu’on n’a pas aimé un album par rapport à l’autre, peut-être juste qu’on l’a moins écouté. Si l’on partage pas mal de playlists, on ne va pas jusqu’à s’imposer le même ordre de lecture…

De fait, vous pouvez considérer les albums de la sélection commune comme nos potentiels finalistes pour l’album de l’année, si jamais il nous venait l’idée de faire un tel classement en décembre 🙂

Sélection commune:

Nada Surf – Lucky
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/07/nadasurf-seethesebones.mp3]
Il est bien loin le temps ou Nada Surf avec son tube « Popular » nous semblait tout droit extrait de la mode Power-Pop-Punk-PostGrunge lancée par Green Day et Offspring. Comme quoi il ne faut pas se fier aux seules radios GM. Ce groupe New-yorkais aux membres impeccablement bilingues Anglais-Français, signe ici son cinquième opus, aux mélodies pop toujours impeccables et aux arpèges toujours aussi éclairés. Fait notable pour les fans de Rock Indépendant, l’album est produit par John Goodmanson (producteur habituel de Death Cab For Cutie et Blonde Redhead)


Last Shadow Puppets – The Age of the Understatement
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/lastmistakes-were-made-for-you.mp3]
L’attachement à ce gamin a déjà été souligné dans ces colonnes . Turner ou l’art de faire un surprenant break de grande qualité.


Girls In Hawaii – Plan Your Escape
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/girlsinbored.mp3]
Le retour des belges d’Hawaii a déjà fait l’objet de 2 posts (Vince pour la version studio, Xav pour la version live). Une chose est sure, si la Belgique éclate un jour en deux, il faudra prendre soin de les récupérer au passage.


MGMT – Oracular Spectacular
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/07/mgmt-time-to-pretend.mp3]
Le groupe qui monte emmené par un single impeccable, sans doute l’attraction de tous les festivals estivaux. Half/Right vendu ? Bah, écoutez au moins l’album…

Sélection de Vince:

The Kills – Midnight Boom
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/07/kills-cheapandcheerful.mp3]
Un petit commentaire sur celui-ci, puisqu’il n’a fait l’objet d’aucun post. Et pourtant ce fut peut-être l’album que j’ai le plus écouté cet année. Duo atypique établi à Londres. elle est américaine et lui anglais, à moins que ce ne soit l’inverse, ils sont souvent comparés aux White Stripes, mais sonnent quand même beaucoup plus punk/garage. Avec ce 3e album ils prennent un virage quelque peu éléctro, sans s’éloigner de l’esprit indépendant sans concession. J’aime beaucoup.


Weezer – Red Album
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/07/weezer-pork_and_beans.mp3]
On ne peut que saluer la longévité du groupe au son reconnaissable entre 1000. On saluera particulièrement la video du single et le projet aux 19 couplets. Xav a déjà tout dit ici.


Dresden Dolls – No, Virginia
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/07/dresden_dolls-the_mouse.mp3]
Merci à Céline pour le tuyau. Contrairement aux apparences, ce n’est pas un groupe allemand mais américain, de Boston. Inspiré de Kurt Weill et Bertolt Brechet pour l’aspect quelque peu cabaret, avec une touche de Gothique. Alors que le son penche assez furieusement du côté de Sonic Youth ou d’autres groupes indépendants Américain. Très original, à écouter d’urgence. Et à voir sur scène encore plus.

Sélection de Xav:

Foals – Antidote
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/07/foals-mathletics.mp3]
Après le génial « Mirrored » de Battles l’année dernière, qui ouvre une nouvelle porte dans le genre math-rock, j’étais curieux de savoir ce qui allait suivre. Les oxoniens de Foals enchainent donc avec la même sorte de rythmique lourde et calibrée, et ces guitares qui se répondent par salves de notes enchainées. Ce n’est pas aussi puissant que Battles, le chant pouvant être exaspérant par moment, et je me doute que nombreux sont ceux qui trouveront ce son anxiogène, mais chezmoiçamarche.


She & Him – Volume One
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/07/sheandhim-iwasmadeforyou.mp3]
Zooey Deschanel n’est pas juste une ravissante actrice, elle sait aussi chanter, et écrivait ses chansons dans son coin jusqu’à ce que M.Ward lui propose de les arranger et de voir ce qu’il en sortirait. Ce qu’il en sort, c’est un album aussi charmant que sa chanteuse, mélange de chanson-cabaret et de pop très fifties, avec cette pointe de mélancolie sans laquelle la pop est trop sucrée.


Black Mountain – In The Future
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/07/blackmountain-wucan.mp3]
Avec ses riffs gros comme une maison et ses synthétiseurs plongés dans l’huile, ce combo indie-rock canadien change enfin de l’homogénéité sonore des productions indie-popeuses de l’Amérique du Nord, notamment Broken Social Scene et tous leurs potes (Feist, Stars, Metric, The Most Serene Republic…) – au demeurant tous excellents, mais à force… Avec Black Mountain, on ressort les guitares basiques et lourdes, on se prend un peu de rock psychédélique dans la face, sans pour autant oublier de prendre du plaisir avec de la simplicité.

Et voilà. Nous vous souhaitons donc d’excellentes vacances, n’oubliez pas votre baladeur préféré… Merci à tous les lecteurs, et merci pour vos commentaires, vos encouragements. Sachez que chaque post rédigé l’a été avec grand plaisir pour nous deux. RV donc sans faute à la rentrée pour la deuxième saison d’Half/Right, et plein de bonne musique.

Ce n’est pas au jeune singe Turner…

… qu’on apprend à faire un disque. Alex Turner est un jeune homme brillant qui à l’âge de 22 ans s’apprête à voir son 3ème album en moins de 3 ans multiplatiné. Alex Turner, même son nom sonne bien.. Originaire de la banlieue de Sheffield, tout comme son aîné Jarvis Cocker (Pulp), Turner est aujourd’hui connu pour être le leader des Arctic Monkeys. De ces Singes là on a à peu près tout dit, qu’ils ont été propulsé par le site myspace (à moins que ce ne soit l’inverse), mais surtout qu’ils ont le don pour dépeindre le quotidien de ces (ex) banlieues ouvrières avec un grand talent et un phrasé hors du commun. Turner est de ce point de vue plus proche de certains rappeurs comme son grand ami Mike Skinner, du groupe de Hip-Hop The Streets. Pour ceux qui étaient sur une autre planète (des singes) ces 3 dernières années, les Arctic Monkeys, ça fait ça:

[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/arcticdancefloor.mp3]

Album et Révélation de l’année un peu partout – à part chez Telerama dont la critique fit état (de mémoire) de « pétard mouillé à seule destination des lycéens de Sheffield amateurs de bière tiède servie dans les pubs de cette partie de l’Angleterre », (si l’auteur de l’article pouvait me contacter un jour pour m’expliquer ce qui lui a pris), l’excellent premier album au nom à rallonge Whatever People Say I Am Thats What I’m Not fut écoulé à plusieurs millions d’exemplaires, ainsi que son successeur, le plus moyen mais largement audible Favourite Worst Nightmare.

Lorsque Turner annonce vouloir faire un petit break et s’octroyer un album avec son ami Miles Kane des Rascals, on a tout à craindre, et particulièrement le caprice de jeune Rock Star.
Et pourtant c’est bien une bonne surprise que cet album des Last Shadow Puppets.
Les 2 compères y revendiquent David Bowie comme le romantisme de Scot Walker, voire de Jacques Brel, apprend-on en lisant leurs déclarations.

Côté album, c’est le tremolo qui remplace la distortion, les violons qui prennent la place des roulements de batterie usuels. Pas n’importe quelles violons non plus, puisque c’est le collaborateur habituel d’Arcade Fire qui signe les arrangement de la section cordes. Contre toute attente, Alex Turner joue donc la carte de l’élégance britannique contre celle du jeune loup des banlieues ouvrières anglaises. A certains moments, on se croirait même dans une vieille bande son de James Bond, jugez plutôt :

[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/lastmistakes-were-made-for-you.mp3]

Turner prouve ici que le jeune singe est bien plus malin que ses maigres interviews le laissaient supposer. Depuis quelques jours, le petit autocollant frappé des 4 « f » Telerama s’affiche fièrement sur le disque (il a déjà fait sans…) mis à la vente, généralement en tête de rayon. Tout va très bien pour lui, merci.
Alex Turner contre Pete Doherty, la lutte pour la British Rock Star de la décenie risque d’être rude..