C’est pas toujours marrant


A Mon Fils, Julian, Elliot B.
A mes amis, à qui je souhaite plein de bonnes choses, mais qui ne trouveront jamais de prénom aussi génial 😉

Bon Xav s’est pas mal lâché sur Radiohead l’autre jour. Perso, je suis un gros gros fan de Radiohead. Mais je suis peut-être largement plus touché par la musique du Monsieur en photo, là. Ce post est en quelque sorte une réponse à l’article de Xav, quoi. Quoique sans doute moins exhaustif. Tiens d’ailleurs, une partie de début de réponse du « Pourquoi le Blog s’appelle Half/Right ? » se trouve dans l’article. Bon un peu caché quand même. Il faudra d’ailleurs qu’on lance un grand jeu concours, un jour.
Bon on verra. Allez on y va. Il faut que je vous raconte une anecdote. Je vous préviens c’est pas très marrant. Octobre 2003, je suis en période de sous-charge assez marquée de ma boite de de l’époque (qui a dit comme d’habitude ?). Comme tous les jours ou presque, je prends l’apéro au Syndicat. Bar résolument rock mais très détendu et bon marché dans le 12e, aujourd’hui disparu, je discute avec le barman, qui fait aussi le Dj. (NDLR, Quelques semaines plus tôt, le barman m’avait dit en arrivant « il a craqué Cantat ou quoi ? » suite à son pétage de plomb en Lituanie.)

Sa compil d’un coup se met à jouer Waltz #2 que je reconnais dès les 1ers coups de futs. Et d’ailleurs je cherche une chanson pour ouvrir mon mariage quelques mois plus tard, c’est parfait, hop vendu (véridique). Bref j’adresse au barman un « très bien, ça » pour faire le malin. Il me répond « prenons ça comme un hommage ». Hein ?? Quoi ?? Bah oui, il s’est suicidé aujourd’hui. Harakiri il parait, tellement il était malheureux. Et pas assez beau, et tout ça.

Songwriter américain malheureux du milieu indépendant, période fin 90’s, début 2000, qui n’a jamais connu le succès qu’il mérite, loin s’en faut. Jugez plutôt, sa seule gloire fut d’avoir été nommée aux Oscars pour la musique du film Will Hunting (merci Gus Van Sant !!). Histoire d’un gamin surdoué joué par Matt Damon, avec Robin Williams et également Ben Affleck (1ers roles pour les 2 gamins). Le film est moyen mais la musique est pas loin d’en faire un chef d’œuvre, Miss Misery et Los Angeles donnant cette touche d’émotion sans sombrer dans la mièvrerie. Et donc il a été nommé aux Oscars, il a joué sa chanson en direct devant des millions de téléspectateurs dubitatifs, mal à l’aise dans son costume blanc, prestation qu’on peut admirer ici : [youtube]http://www.youtube.com/watch?v=EbQ4sFGmANk[/youtube] … et a perdu face à Titanic (Céline Dion). C’est dire si le monde est injuste.

Elliott Smith est bien entendu mon songwriter préféré, interprète préféré, et a écrit les plus belles chansons du monde (bon ok, Lennon a fait 2-3 trucs sympas aussi). Il les joue avec un dépouillement et un talent tout à fait unique, de la batterie aux claviers, et évidemment la guitare. Souvent acoustique mais pas toujours. La voix se pose dessus et tout d’un coup, en exagérant un peu, j’ai envie de dire que Jeff Buckley passe pour du Patrick Sebastien chantant « la fiesta » à côté. Je sais c’est pas très gentil, et en plus j’adore Jeff Buckley, mais c’est comme ça. Jeff c’est la gueule d’ange que tout le monde se doit d’aduler, et à juste titre. Mais Elliott c’est Quasimodo. La mélancolie, ses problèmes, ses malheurs personnels, on voit que c’est pas du pipot et tout ça fait plus que transparaitre dans chacune de ses chansons. Ecoutez donc « Happiness » et vous comprendrez, si ça c’est sa notion du bonheur et bien on peut se demander ce que peut être le reste [audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/elliotthappiness.mp3]

Apres avoir joué dans un groupe du mouvement grunge-punk proche de Seattle
(Heatmiser, début des 90’s dont je recommande chaudement au passage l’album Mic City Sons), Elliott Smith a donc tenté sa chance en solo et sur 6 albums. Dont 2 posthumes. De l’album très dépouillé, très acoustique Either , Or de ses débuts (le titre 2.45 am constitue un modèle du genre, tout en retenu, qui ne demande qu’à exploser mais reste superbement contenu – et surtout le titre Angeles qui reste un ovni de la guitare pour moi) [audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/09-angeles.mp3]

jusqu’à son dernier album de son vivant Figure 8 ,nettement plus produit, plus long aussi, où l’on trouvera son plus gros hit (Son of Sam, vaguement passé sur oui fm à l’époque, et encore) ou encore le chef d’œuvre I’d be better quiet now. Ce dernier album qui se termine par un titre qui donne froid dans le dos,
quelques notes sur un piano qui semble s’éloigner. Le titre s’appelle Bye. Quand on connait comment il a fini…[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/16-bye.mp3]

J’ai mis à profit ces vacances d’été pour réécouter l’intégralité de ces albums (enfin les dernières vacances, celles d’avant, et encore avant). Il y a largement de quoi faire une bonne sélection de son œuvre, 6 albums au compteur je crois en comptant les 2 posthumes (d’un très bon niveau au demeurant), sauf qu’il me serait très difficile de sélectionner ou d’écarter quoi que soit. Même l’album Figure 8, assez décrié par les fans de la première heure regorge de pépites, sans parler des 2 albums posthumes. A noter, lors de ses derniers jours, évidemment sa nana s’était barré, et évidemment l’album qu’il avait enregistré n’intéressait plus sa maison de disque. Dehors Elliott. Ce même disque (From a basement on the Hill) étant devenu tout de suite beaucoup plus intéressant pour cette maison de disque une fois E. Smith suicidé. C’est moche la vie. Heureusement il reste la musique.

PS : En complément, pour les plus vaillants d’entre vous, une video d’Elliott, jouant Angeles en live, seul.
[youtube]http://youtube.com/watch?v=La8Y6n0oqz0[/youtube]

Happy 2009

Et oui on y coupe pas. Bonne année. Tout d’abord désolé. Je n’ai rien écrit depuis un moment. Cela ne justifie en rien, mais ceux qui m’ont vu dernièrement savent que je me suis réfugié, comme certains geeks le font avec leur ordinateur, dans ma guitare avec un casque sur les oreilles. Plusieurs heures par jour, et quand c’était pas ça, c’était le clavier. Du coup je n’ai presque rien écouté. Ah si, le dernier Blonde Redhead, très bon comme d’habitude.
Bref, Xav qui n’est pas là non plus pour vous souhaiter la bonne année. En vacances là où il fait chaud. C’est pourtant son truc à lui. Bon je vais tenter un truc. Un feu d’artifice. Youhou.
new-year-fireworks
Pas terrible ? C’est vrai c’est pas mon truc. Bon il pourrait pas quitter sa serviette de plage 5 minutes, le Xavier ? Non je crois pas. Bon passons à autre chose. Hier j’ai vu le dernier Woody Allen, Vicky Cristina. Bon on n’est pas sur un blog de ciné, mais quand meme, c’est un putain de génie.. Plutôt mal reconnu dans son pays, d’ailleurs, une vraie icone en France. Comme pas mal de gens d’artistes également. Jeff Buckley ? Elliott Smith ? Tous des putains de génie aussi. Bon, eux en sont prématurément morts…Le personnage incarné par P. Cruze ne passerait peut-etre pas l’année 2009 en vie non plus à mon avis..
L’histoire ? Bah pas grand chose finalement, sur fond de romance torturée à Barcelone, avec un casting énorme, le réalisateur Américain semble surtout tourner le dos à son continent et vante les charmes de la vie à l’Européenne. Le mode de vie et les préoccupations des Américains sont tournés en dérision (la déco intérieure d’un appartement à G. Village, regarder un match de baseball en survolant le Japon, etc..) au profit d’une aspiration fortement épicurienne. A un moment le film semble vouloir donner la définition du génie justement. Mais pas plus que ça finalement. Comme s’il attendait qu’on lui dise « mais c’est toi le génie, Woody ».
Bon on arrête là. Alors oui, si quand même je vais vous faire partager 2 reprises des années 80, c’est rigolo. Je sais pas si 2009 sera dans la tendance revival des années 80, on verra bien.

La première est américaine, on y va :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2009/01/the-bates-billie-jean.mp3]

Et la seconde est française, vous vous souvenez de ça ? Les paroles sont bien marrantes finalement…Par moment le style de la reprise fait un peu penser à du CSS ou du Ting Tings, non ?
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2009/01/yelle-you-a-cause-des-garcons.mp3]

A vous de me donner votre préférence..

This is Earlimart

Aujourd’hui, je ne m’attacherai pas à livrer un post enflammé de plusieurs pages sur ma rencontre avec le Rock, ou appelant à soutenir une webradio gratuite et sans pub diffusant toute la musique dont on peut rêver et néanmoins dans le pétrin. Non aujourd’hui, je vous ferai juste écouter quelques titres éclairés d’un petit groupe indépendant qui nous vient de Californie (Los Angeles, je crois). Ce groupe se nomme donc Earlimart. Du groupe je ne connais pas grand chose, sinon que le noyau du groupe est composé d’un gars et une fille, qui chantent tous les deux avec un résultat pareillement aimable à mes oreilles, et qu’ils écrivent de très jolies choses. On peut même dire qu’ils excellent dans la ballade soutenue par la guitare acoustique et le piano. Allons donc à l’essentiel, avec quelques extraits du superbe dernier album Mentor Tormentor.

Là, c’est quand le gars chante :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/earlimart-bloodynose.mp3]

Et là c’est quand c’est la fille qui chante :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/04-earlimart-happy_alone.mp3]

L’avantage, quand on ne connaît rien du groupe, c’est qu’on peut laisser faire son imagination, quitte à être à côté de la plaque, en les écoutant. Exemple: Earlimart est un groupe indépendant, leurs albums ne sont disponibles en France qu’en import et sur commande. C’est un fait. Donc on se dit qu’ils vendent très peu d’albums. On les imagine aisément, présentant leurs pièces d’orfèvrerie de petites salles anonymes en bars sous-ventilés à la quête d’un hypothétique succès, ou peut-être pas d’ailleurs. Pourquoi les artistes voudraient tous devenir multi-millionnaires ? D’ailleurs peut-être le sont-ils déjà, chez eux aux États-Unis. Peut-être sont-ils déjà plus connus que les Red Hot, à Los Angeles. En même temps quand on voit certaines photos de leurs concert, comme ça, sous un auto-pont, on en doute :

Ensuite le titre de l’album, « Mentor Tormentor ». Au début, sans réfléchir, j’ai traduit ça comme le « Tourment du Menteur ». Un peu comme un adieu à l’administration Bush Junior et son bilan calamiteux, souligné de ci, de là, administration qui se serait condamnée elle-même à force de mensonges. En fait non, renseignement pris, la traduction donnerait plutôt quelque chose comme « le bourreau du mentor ». J’ai moins d’idée, tout de suite, même si le mentor d’Earlimart est assez clairement Elliott Smith, après je lui trouve pas tellement de bourreau, ou sinon trop (l’objet d’un futur bulletin, assurément).
Bon on s’éloigne de l’objet, et je voulais faire court. Earlimart c’est un petit groupe avec un sens assez extraordinaire des mélodies, il a besoin d’être soutenu, écouté, au moins sur leur espace, ou leur livre, où ma question « Suis-je le seul fan Français ici ? » reste désespérément en suspens. C’est un groupe qui n’écrit pas que des ballades non plus, la preuve ci-dessous, où personnellement, l’entrée de la guitare clinquante, au bout de la 99ème seconde du morceau, me donne le moral pour toute la journée. Et ça c’est déjà pas mal.
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/earlimart-nevermind_the_phonecalls.mp3]