Ce n’est pas au jeune singe Turner…

… qu’on apprend à faire un disque. Alex Turner est un jeune homme brillant qui à l’âge de 22 ans s’apprête à voir son 3ème album en moins de 3 ans multiplatiné. Alex Turner, même son nom sonne bien.. Originaire de la banlieue de Sheffield, tout comme son aîné Jarvis Cocker (Pulp), Turner est aujourd’hui connu pour être le leader des Arctic Monkeys. De ces Singes là on a à peu près tout dit, qu’ils ont été propulsé par le site myspace (à moins que ce ne soit l’inverse), mais surtout qu’ils ont le don pour dépeindre le quotidien de ces (ex) banlieues ouvrières avec un grand talent et un phrasé hors du commun. Turner est de ce point de vue plus proche de certains rappeurs comme son grand ami Mike Skinner, du groupe de Hip-Hop The Streets. Pour ceux qui étaient sur une autre planète (des singes) ces 3 dernières années, les Arctic Monkeys, ça fait ça:

[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/arcticdancefloor.mp3]

Album et Révélation de l’année un peu partout – à part chez Telerama dont la critique fit état (de mémoire) de « pétard mouillé à seule destination des lycéens de Sheffield amateurs de bière tiède servie dans les pubs de cette partie de l’Angleterre », (si l’auteur de l’article pouvait me contacter un jour pour m’expliquer ce qui lui a pris), l’excellent premier album au nom à rallonge Whatever People Say I Am Thats What I’m Not fut écoulé à plusieurs millions d’exemplaires, ainsi que son successeur, le plus moyen mais largement audible Favourite Worst Nightmare.

Lorsque Turner annonce vouloir faire un petit break et s’octroyer un album avec son ami Miles Kane des Rascals, on a tout à craindre, et particulièrement le caprice de jeune Rock Star.
Et pourtant c’est bien une bonne surprise que cet album des Last Shadow Puppets.
Les 2 compères y revendiquent David Bowie comme le romantisme de Scot Walker, voire de Jacques Brel, apprend-on en lisant leurs déclarations.

Côté album, c’est le tremolo qui remplace la distortion, les violons qui prennent la place des roulements de batterie usuels. Pas n’importe quelles violons non plus, puisque c’est le collaborateur habituel d’Arcade Fire qui signe les arrangement de la section cordes. Contre toute attente, Alex Turner joue donc la carte de l’élégance britannique contre celle du jeune loup des banlieues ouvrières anglaises. A certains moments, on se croirait même dans une vieille bande son de James Bond, jugez plutôt :

[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/lastmistakes-were-made-for-you.mp3]

Turner prouve ici que le jeune singe est bien plus malin que ses maigres interviews le laissaient supposer. Depuis quelques jours, le petit autocollant frappé des 4 « f » Telerama s’affiche fièrement sur le disque (il a déjà fait sans…) mis à la vente, généralement en tête de rayon. Tout va très bien pour lui, merci.
Alex Turner contre Pete Doherty, la lutte pour la British Rock Star de la décenie risque d’être rude..

This is Earlimart

Aujourd’hui, je ne m’attacherai pas à livrer un post enflammé de plusieurs pages sur ma rencontre avec le Rock, ou appelant à soutenir une webradio gratuite et sans pub diffusant toute la musique dont on peut rêver et néanmoins dans le pétrin. Non aujourd’hui, je vous ferai juste écouter quelques titres éclairés d’un petit groupe indépendant qui nous vient de Californie (Los Angeles, je crois). Ce groupe se nomme donc Earlimart. Du groupe je ne connais pas grand chose, sinon que le noyau du groupe est composé d’un gars et une fille, qui chantent tous les deux avec un résultat pareillement aimable à mes oreilles, et qu’ils écrivent de très jolies choses. On peut même dire qu’ils excellent dans la ballade soutenue par la guitare acoustique et le piano. Allons donc à l’essentiel, avec quelques extraits du superbe dernier album Mentor Tormentor.

Là, c’est quand le gars chante :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/earlimart-bloodynose.mp3]

Et là c’est quand c’est la fille qui chante :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/04-earlimart-happy_alone.mp3]

L’avantage, quand on ne connaît rien du groupe, c’est qu’on peut laisser faire son imagination, quitte à être à côté de la plaque, en les écoutant. Exemple: Earlimart est un groupe indépendant, leurs albums ne sont disponibles en France qu’en import et sur commande. C’est un fait. Donc on se dit qu’ils vendent très peu d’albums. On les imagine aisément, présentant leurs pièces d’orfèvrerie de petites salles anonymes en bars sous-ventilés à la quête d’un hypothétique succès, ou peut-être pas d’ailleurs. Pourquoi les artistes voudraient tous devenir multi-millionnaires ? D’ailleurs peut-être le sont-ils déjà, chez eux aux États-Unis. Peut-être sont-ils déjà plus connus que les Red Hot, à Los Angeles. En même temps quand on voit certaines photos de leurs concert, comme ça, sous un auto-pont, on en doute :

Ensuite le titre de l’album, « Mentor Tormentor ». Au début, sans réfléchir, j’ai traduit ça comme le « Tourment du Menteur ». Un peu comme un adieu à l’administration Bush Junior et son bilan calamiteux, souligné de ci, de là, administration qui se serait condamnée elle-même à force de mensonges. En fait non, renseignement pris, la traduction donnerait plutôt quelque chose comme « le bourreau du mentor ». J’ai moins d’idée, tout de suite, même si le mentor d’Earlimart est assez clairement Elliott Smith, après je lui trouve pas tellement de bourreau, ou sinon trop (l’objet d’un futur bulletin, assurément).
Bon on s’éloigne de l’objet, et je voulais faire court. Earlimart c’est un petit groupe avec un sens assez extraordinaire des mélodies, il a besoin d’être soutenu, écouté, au moins sur leur espace, ou leur livre, où ma question « Suis-je le seul fan Français ici ? » reste désespérément en suspens. C’est un groupe qui n’écrit pas que des ballades non plus, la preuve ci-dessous, où personnellement, l’entrée de la guitare clinquante, au bout de la 99ème seconde du morceau, me donne le moral pour toute la journée. Et ça c’est déjà pas mal.
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/earlimart-nevermind_the_phonecalls.mp3]

toujours jeune ?

Hello,

Bon une fois n’est pas coutume, je vais vous raconter une petite histoire aujourd’hui. Nous sommes à l’été 91, ou 92, je sais plus. J’ai à peu près 15 ans. Je suis en vacances en Corse avec mes parents (pour la dernière fois d’ailleurs, après je m’estime trop grand pour partir avec les vieux).
Bref à l’époque, pas de bataille entre les fans d’apple, d’archos, les formats propriétaires, microsoft, linux, leopard, tout ça. On a tous un bon vieux walkman pourri à K7. Sony ou Aiwa (tiens d’ailleurs ca existe encore Aiwa ?). Ils sont tous pareils, le must étant quand même d’avoir un ‘autoreverse’ (pour éviter à devoir changer de face).
La mode c’est d’écouter les Guns, et du Grunge (Nirvana, Pearl Jam, etc..). Je suis à fond, d’ailleurs je suis allé voir les Guns au mois de juin à l’hippodrome de Vincennes. Alors pour rappel les Guns, ça faisait ça : [audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/gunsparadise-city.mp3](héhé c’est rigolo de réécouter ça, c’est plus tout jeune…)

Cet été là, je rencontre un gars nommé Jérôme Boulliet (Bon ok, c’est pas tout à fait son vrai nom). Il a un walkman, bien-sur. Il me dit que tout ça comme musique c’est trop naze. Lui il écoute Led Zeppelin. Aussi les Doors, mais bon la mode avec le film d’Oliver Stone, ça le saoule un peu. Il est marrant Jérôme Boulliet. Il a les cheveux longs, il est tout petit, fait un peu autiste, a des mauvaises notes à l’école malgré une mère enseignante, et m’assure fumer de l’herbe (mais bon il préfère l’eucalyptus, après on « comprend mieux la musique »). Alors il me fait écouter Led Zeppelin. Une guitare acoustique, un harmonica, une voix haut-perché. Je trouve ça génial, bien entendu, on écoute ça tout l’été.

Retour à Paris, je mets tout mon argent dans les Cd de Led Zeppelin. Un par un, je les achète, je les écoute. C’est très bien, mais pas de trace de la balade précédemment écoutée. Mince. Je me renseigne, Robert Plant, Jimmy Page, des demis-dieux dans les années 70. J’achète même une guitare. Tiens, c facile. Hop j’apprends tous les morceaux, puis d’autres trucs. Hendrix, Clapton, etc… Alors pour ceux qui connaissent pas, Led Zep est le groupe qui a sorti 4 albums majeurs à la toute fin des 60’s, tout début des 70’s. Inventeurs du Hard Rock, que les spécialistes éviteront de confondre avec le Heavy Metal (le heavy metal nous vient de Black Sabbath et s’inspire en général de croyances obscures, tirant parfois vers le satanisme, alors que le Hard Rock des débuts assume pleinement sa filiation avec le blues, aussi trouve-t-on deux reprises de classiques du blues sur le 1er album de Led Zepp, merci David pour ces précisions, que tu ne manqueras pas de compléter dans la section commentaires si besoin). Bref Led Zepp, ça sonne comme cela : [audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/ledzepheartbreaker.mp3] Avouez que ça donne envie de se mettre à la guitare. J’achète une guitare électrique, puis un ampli, puis une autre guitare, encore une autre, etc.. Bref vous connaissez.


Ce n’est que 2 ans plus tard que surgit la fameuse chanson. Elle s’appelle « Heart of Gold », et surprise elle est sur l’album de Neil Yong qui s’appelle « Harvest ». C’est pas du tout du Led Zeppelin, ça n’a rien à voir. [audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/11-heart-of-gold.mp3]

Et je n’ai jamais acheté tous les albums de Neil Young, il y en a trop. En plus il a eu plein d’autres groupes (Buffalo Springfield dans les 60’s, Crosby Still Nash and Young, Crazy Horse, etc..). Tiens oui d’ailleurs, une pub de l’époque a utilisé un morceau des Buffalo Springfield, je suis sûr que vous connaissez le morceau, c’est marrant, il fait un peu psychédélique (une autre facette du père Young) :

free music



Mais j’apprends avec bonheur que tout le grunge, ça vient de lui. D’ailleurs il y a le bac à la fin de l’année, mais Kurt Cobain s’est suicidé. Il a laissé un mot à sa famille, écrit par Neil Young. Quelque chose comme « Il vaut mieux s’éteindre rapidement que de mourrir à petit feu ».
Je suis tombé récemment sur la sortie du « Best of » de Neil Young. Evidemment c’est une hérésie, 40 ans de carrière sur un Cd, ce n’est pas possible, mais ça a le mérite de montrer la diversité de son œuvre. Influence majeure des groupes grunge de Seatlle, de chanteurs new folk type Elliott Smith, et bien-sûr du renouveau de la scène indépendante américaine (Death Cab, American Analog Set, Shins, etc…). Bref pas mal de gens que j’apprécie énormément aujourd’hui.

[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/02-after-the-gold-rush.mp3]
On trouvera donc de la chanson folk, bien sur (« Heart of Gold »), de la balade seul au piano (« After The Goldrush »), seul à la guitare acoustique (« The needle and the damage done »), et les fameuses prémisses du grunge (« Southern Man », « Keep on rockin in the free world ») avec des guitares saturés bien tranchantes: [audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/neilsouthern-man.mp3]

Bref, parmi les legendes encore vivantes (M. Jagger, R. Plant, E. Clapton, B. Dylan, D. Bowie, etc..), je préférerai toujours le vieux Neil, avec ses cheveux longs et ses chemises à carreaux (il est bien canadien).

Et allez, bonne journée, moi je vais à la recherche de Jerome Boulliet sous Facebook, tiens. En plus la journée commence mal, je viens d’apprendre qu’Aiwa n’existait plus, rachetés par le concurrent … c’est pourtant pas faute de leur en avoir achetés des Walkman..

les filles d’Hawaii

sont revenues.

Petit rappel, les Girls In Hawaii sont un groupe belge qui publiaient en 2004 un album éclairé, subtil mélange de pop et de rock joliment arrangé comme les Belges le maitrisent maintenant depuis plus d’une décennie (et que le rock Français a toujours autant de mal à appréhender). Bon je n’ai pas le temps de me lancer dans une apologie du rock Belge (qui aura certainement bien son post à lui tout seul, tout comme l’ont eu nos cousins Canadiens), mon sujet d’aujourd’hui est sur les Girls In Hawaii. Et je vais faire court. Donc oui, ces garçons ont sorti un fort bel album (From Here To There) il y a 4 ans déjà, et dans la foulée ont eu le bon goût d’emmener le génial Sharko en tournée, notamment lors d’un show mémorable à la Maroquinerie de Paris.

Ces garçons se donc heurtés cette année au fameux problème du 2ème album. Oui vous savez bien, on donne tout ce qu’on a pour le premier, puis lorsque tout le monde vous attend (surtout la maison de disque ?), et bien ça manque tout de suite plus de fraicheur et d’authenticité.
Je voudrais aujourd’hui regretter d’avoir classé cette sortie dans la série des 2èmes albums ratés. Aujourd’hui, c’est vrai, on a accès à la musique trop facilement, tout va trop vite. on écoute trop vite, et on passe trop rapidement à autre chose si on ne trouve pas suffisamment d’accroche.
Donc sur le dernier Girls In Hawaii, sorti cette année, on y trouve vers la toute fin de l’album, une très jolie ballade doublée d’instruments que l’on pourra qualifier d’agrément (xylophone, etc..) comme ils savent les faire :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/girlsinsummerstorm.mp3]

Sans oublier le coté bien rock du groupe, qui devrait quand même garantir une énergie certaine sur scène. Jugez plutôt de l’extrait suivant, qui envoie comme il faut quand il faut, avec un refrain assez chaloupé :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/05/girlsinbored.mp3]

Les Girls In Hawaii seront en concert ce mercredi à l’Olympia de Paris. Puis aux nuits du Botanique de Bruxelles la semaine prochaine, et un peu partout en Europe (Notamment à Madrid le 7 Juin).
Histoire de prendre un peu le temps de les écouter..

L’autre Jeff

s’appelle Jeff Hanson. Rien à voir il est fils unique (comprend qui peut cette blague pourrie, mélange de divers références des années 90).
Bref ça commence à nouveau à partir d’un titre entendu sur ma station préférée. Un petit coup d’oeil à l’historique pour m’apercevoir que oui, il existe un certain Jeff Hanson. Albums que je m’empresse d’acquérir (bon ok c pas vrai, mais en même temps, allez à la fnac demander le dernier Jeff Hanson, on va vous rire au nez – et sur le site web, c’est pas mieux).
Donc Jeff Hanson, à peine 30 ans, fait partie intégrante du renouveau folk US. Né à Milwaukee (la ville de Fonzie et Richie). Sa particularité, outre un sens extrême des mélodies, c’est sa voix d’ange, tout comme l’autre Jeff. Et plus que l’autre encore, il faut vraiment faire un effort mental hors du commun pour ne pas prendre sa voix pour celle d’une femme.. Extrait du très beau 1er titre de son dernier album : [audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/jeffhansonlosing-a-year.mp3]

Donc voilà, je posterai sûrement quelque chose de plus complet sur les neo-folkeux, mais je voulais juste vous faire partager ça en attendant. Vous êtes bien avancés maintenant, avec un album que vous pouvez pas acheter…

C’est aussi ça..

.. la musique. Et il faut que cela le reste. Ces quelques lignes pour vous faire partager l’émotion que laisse transparaitre Michael Stipe, chanteur du groupe REM lors de son interprétation d’un ancien tube « Losing my Religion ». Performance donnée à l’occasion d’une émission mensuelle passant sur le service public français, au mois dernier. Tube maintes fois joué par les radios de l’époque (il y a une quinzaine d’années), dont on croyait pourtant bien en avoir fait le tour et s’en être même débarrassé, pour être honnête. Bien au contraire, Stipe vit là le morceau comme s’il le découvrait, et semble même, le temps d’un clin d’œil, réprimer un sanglot, à moins que ce soit moi, c’est peut être ça le Rapid Eye Movement.. Merci Messieurs.

R.E.M. : Losing my religion – Taratata
TARATATA N°264 (Tour. le 20/03/08 – France 4 Diff. le 18/04/08)

..et merci à Yves pour le lien.

Indy pop rocks


Soma Fm est une radio « free and commercial free » (traduire gratuite et sans pub) emettant sur internet de leur antenne de San Fransisco. Elle comporte plusieurs canaux, dont le veritable bijou « indy pop rocks » , programmé par leur DJ Elise, qui diffuse 24/24 des artistes signés sur des labels indépendants ou parfois pas signés du tout.

L’objet de ce post n’est pas tellement de faire éloge de la station de radio (par ailleurs déja souligné lors de l’introduction du blog, et qui fera certainement l’objet d’un post à part entière) mais plutôt de vous faire part des conséquences potentiellement ravageuses de nouvelles lois sur les droits d’auteur. En effet, depuis 2007, une nouvelle loi américaine leur oblige à reverser des droits retroactivement depuis 1998. La radio qui par ailleurs n’a aucun revenu a donc fait appel à leurs auditeurs en vendant une compilation d’artistes du meilleur cru. Compilation que j’ai donc achetée (si si)
La compilation , intitulée « 14 slices of heaven » éditée à cette occasion, regroupe ce qui se fait de mieux dans les artistes indy pop-rock aux Etats-Unis. Les groupes aux noms géniaux comme « Say Hi To Your Mom », « Built Like Alaska », « Magneto », « Pompeii », « The Jane Anchor » cachent des vraies pépites de rock comme l’ont délaissée les radios actuelles, trop occupées à se jeter sur le dernier phénomène aux ventes multi-platinées outre-manche.
Chacun y trouvera probablement sa perle : les accros aux belles mélodies pop bien entendu, comme les amateurs de batterie avec le titre joué par « +/- (Plus/Minus) », son tempo très soutenu et ses roulements cosmiques :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/plus_minus-wakingupfin.mp3]

Personnellement je suis toujours sur le cul par le titre du groupe « Oranger » en ouverture du CD, qui mériterait de remplacer « Take me out » au titre de plus gros tube rock du millenaire :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/01-oranger-crooked.mp3]

Dans un tout autre style la chanson clôturant la compil jouée par « Pompeii » a de quoi donner des frissons et renvoyer Coldplay faire du cerf-volant sur leur plage de Brighton (qui a dit d’où ils n’auraient pas dû sortir ? Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit..).
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/pompeiimiraclemilefin.mp3]

En plus, pour quelques dollars de plus (et un dollar, ce n’est pas grand chose), vous aurez un magnifique T-Shirt (Et le droit d’avoir votre minute de célébrité sur le net, cherchez bien, il y a des visages familiers dans les 3 premières pages..)

Blame Canada…

..pour avoir des artistes aussi talentueux.
Pour mémoire, et aussi pour ceux qui ont manqué ce qu’il convient d’appeler un chef d’oeuvre cinématographique « South Park, The Movie » (bon ok, c’est pas précisément un chef d’oeuvre, mais je n’écris pas non plus un blog sur le ciné), voici le fil conducteur de ce film. Alors l’histoire, euh..c’était quoi déjà. Ah oui pour une raison obscure de film canadien visionné par Stan, Kyle, Kenny et Cartman, l’anarchie se propage dans la bonne vieille ville de South Park. La situation devient tellement préoccupante que la Maison Blanche ne trouve rien de mieux que de déclarer la guerre au Canada. Pour l’occasion, le chant de guerre sera alors celui-ci :

free music


Et pourtant j’aime le Canada.
Et pas seulement le sirop d’Erable et Robin Scherbatsky(!) Parlons plutôt des groupes canadiens. Au Canada, c’est comme si les conditions météo stimulaient la création musicale. On imagine aisément, l’hiver au Canada, -30°C, un mètre de neige, qui bloque la sortie du studio de répétition. Forcés d’y jouer tout l’hiver, les musiciens.
Capitale de la province de l’Ontario, Toronto occupe une place de choix dans le paysage musical du pays, puisqu’elle compte probablement beaucoup de musiciens coincés dans le studio l’hiver. Plutôt que de dresser une liste de groupes plus ou moins connus/obscurs qui y sont nés (ce qui serait à la fois trop long et difficile), usons plutôt des medias mordernes pour illustrer cette abondance musicale. Je commence ici par la chanteuse Torontoise Amy Millan.

Amy Millan en solo, tendance Folk, ça donne cela :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/amylosinyoufin.mp3]

Amy Millan en solo, tendance Country, ça donne ceci :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/amyruby.mp3]

Amy Millan avec son groupe Stars, tendance Pop. Voici le final de l’album. Je vous previens c’est beau.
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/starscalendargirlfin.mp3]

Sur cette scene Torontoise, on y trouve aussi le groupe Metric, petit frere « Rock » de Stars. Voici le final de l’album. Je vous previens ça envoie.
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/metricliveitoutfin.mp3]

Amy Millan participe aussi au projet Broken Social Scene, très Indy, tendant parfois vers l’expérimental.
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/brokensocialfireeyedboydebut.mp3]

Et lorsque la scène de Toronto rencontre le succès, cela donne Feist.
Feist, c’est certes un peu plus consensuel. On aime ou on aime pas, mais jugez plutôt sur la video ci-dessous.. Il s’agit de la performance de Leslie Feist donnée l’année dernière lors d’un passage à un célèbre show américain. Performance que l’on pourra qualifier d’exceptionnelle, accompagnée notamment des New Pornographers, groupe Indy-Pop originaire de … Vancouver, Canada.
[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=DmEHauRTzJI[/youtube]

La classe, non?

Ceci est un Post sur la Radio (hoho)

Si ce blog, écrit en Français ne s’adresse pas qu’aux parisiens, il faut bien que le lecteur provincial soit conscient de quelque chose, d’ un doux privilège dont jouissaient les parisiens à l’époque. Ce privilège s’appelait Ouï Fm, la radio rock. Au passé, donc. Rassurez vous, Ouï Fm existe toujours,
mais ce n’est plus un privilège. D’abord parce que la radio est mise en ligne sur le net et donc accessible de tout poste dûment connecté au réseau des réseaux. Ensuite parce que quand même, il faut bien dire que ce n’est plus tellement un cadeau, cette station.

J’ai 31 ans, j’ai commencé à écouter cette radio à l’age de 15 ans. Et entendu des animateurs de grand talent.
Le Rock n’ Roll Circus (Kad et Olivier avant la télé et le cinéma), le Ziggy Show (Kad tout seul bien avant son succès que l’on sait), Maurice c’est la nuit (qu’est il devenu ?), Ketchup and Marmelade (Melanie Bauer), autant d’émissions à l’impertinence toute rock n’ rollienne aujourd’hui disparus. Ajoutons aussi Didier Porte, Daniel Morin, récemment débauchés par France Inter, Mélanie que l’on retrouve avec bonheur chez Nova (sans doute une des plus belles voix de la radio française) et sûrement beaucoup d’autres, espérons tout de même qu’ils sauront garder Dom Kiris et Josquin.
Ce n’est pas seulement une question de personne, je déplore aujourd’hui le manque de nouveauté et de prise de risque, le passage en boucle de morceaux mille fois entendus (forcément, ils passent en boucle), les coupures de pub beaucoup trop fréquentes et plus marrantes du tout (assurances, banques, supermarchés, même avec Chevallier et Laspalesse, je ne trouve pas ça très marrant). Car oui avant, même les pubs et jingles étaient rigolos : « Si vous n’aimez pas les cuisines en Formica marron, rassurez-vous, le Rock non plus. » Ou bien « Si vous n’aimez pas les boules où quand on secoue ça fait de la neige, rassurez-vous, le Rock non plus. »
Je n’irais pas jusqu’à corréler cette frilosité, ce désespérant conformisme et cet intérêt accru pour les recettes publicitaires avec le rachat par une des « majors » des maisons de disques il y a quelques années, mais avouez qu’il y a de quoi se poser des questions.
Allez Kad, s’il te plaît, reviens..

Mais pourquoi…

Mais pourquoi diable, chaque sortie d’album des Breeders suscite-il autant mon intérêt ? A l’inverse Pourquoi je n’arrive jamais à écouter un album de Franck Black jusqu’au bout ?

Petit rappel, les Pixies sont un groupe mythique de la fin des années 80, qui s’employait à donner un second souffle à l’énergie du mouvement punk, en y intégrant des belles mélodies souvent issues de « surf music » américaine. Je ne reviens pas sur l’influence qu’ils ont pu avoir sur à peu près tout le monde (« Je dois admettre que j’essayais de pomper les Pixies pour écrire la chanson pop ultime » dit Kurt Cobain, ou encore « Nous voulions sonner comme les Pixies » pour Blur, « J’ai découvert ce que c’etait la musique cool » pour Weezer, etc..)
Ils se séparent en 1993, Franck Black prenant avec lui le guitariste Joey Santiago pour son projet solo. A priori la partie « noble » des Pixies. Et pourtant, bon, moi j’y arrive pas. Il y a bien quelques chansons que j’apprécie vraiment (« Los Angeles » sur le 1er, « It ain’t me » sur l’album X-ray, etc..) mais bon tout l’album (en général plus de 20 pistes très courtes), j’y arrive pas. Ou peut être est ce le nom du groupe « Les Catholics », qui me rebute, je sais pas.

Ce sont les Breeders avec Kim Deal, bassiste des Pixies qui contre toute attente rencontre le succès avec sa sœur Kelley. L’album « Last Splash » fait un carton (surtout grace au single Cannonball, honnêtement). Ce n’était pas le 1er, elle avait déja enregistré « Pod » pendant la période Pixies. S’en suit 9 ans plus tard le 3e album « Title TK ». Oui car on prend son temps, les frangines ayant de gros problèmes d’addiction par ailleurs, se font la gueule pendant très longtemps, puis se retrouvent dans un studio, toujours. Et encore aujourd’hui 6 ans apres, voici le 4e album « Mountain Battles » si je compte bien.
Entre temps, on aura pris soin de reformer les Pixies pour faire une tournée qu’on imagine généreusement rémunérée, il faut bien vivre, quoi. Pour ceux qui ont vu, c’est un peu statique quand meme (et putain je crois bien qu’ils ont fait la 1ere partie des Red Hot à un moment, pas génial pour eux, quand meme..) . Le meilleur moment c’est encore Kim Deal qui fait une blague en ratant son entrée de basse parce qu’elle profite de l’intro pour griller une clope. Sacré toi.

Les Breeders à Manchester - Avril 2008Bref j’ai à nouveau écouté le dernier album (extraits ici) dans la voiture ce matin, j’aime bien. Et pourtant c’est pas très bon. Tous les riffs de guitare sont joués par un débutant (qui jouerait avec ses pied), on croirait même. Je sais pas bien si Kim Deal se prend au serieux ou pas. La batterie fait peine à entendre, ça tombe pas toujours sur les temps, mais bon il reste que j’aime bien.
D’ailleurs à ma grande surprise, en regardant la critique ce matin, je ne suis pas le seul. Voici ce qu’en dit les Inrocks « C’est la surprise du printemps : les Breeders ne sont pas mortes. Et non seulement elles ne sont pas mortes, mais les pétroleuses carburent encore sacrément : enregistré par à-coups sur une longue période, entre deux prises de becs des sœurs Deal ou deux tournées millionnaires des Pixies reformés, Mountain Battles est un grand album de rock hors du temps, efficace, tubesque parfois, gentiment expérimental souvent. »
Donc oui, y’a encore de plaisants morceaux de rock indépendant, ça rappelle un peu le Velvet, je trouve des fois. C’est peut etre pour ça que j’aime bien. Y’a même une très belle ballade en espagnol au titre très classe « Regalame Esta Noche », une autre en allemand…

Bonne écoute, la fameuse ballade en espagnol est ici :
[audio:http://half-right.fr/wp-content/uploads/2008/04/breeders-regalameestanoche1.mp3]

Et pour la route (et aussi tester les différentes possibilités d’exploiter du contenu musical sur le blog), une petite ballade country qui date de l’album Last Splash, comme quoi il y avait bien autre chose que Canonball :

free music